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Pierre Lapijover : le regard de la Grande Parade
Portrait de Pierre Lapijover, photographe du jazz à Nice et témoin essentiel de la Grande Parade du Jazz sur la Côte d’Azur.

Il est des photographes qui documentent une époque, et d’autres qui en deviennent les témoins essentiels. Pierre Lapijover appartient à cette seconde famille. Pendant plusieurs décennies, son appareil accompagna les grandes heures du jazz sur la Côte d’Azur, de Juan-les-Pins à Nice, et plus particulièrement dans les jardins de Cimiez, théâtre de la Grande Parade du Jazz.
Un regard fidèle aux grandes heures du jazz azuréen
Né à Vienne en 1936 et installé à Nice, Pierre Lapijover mena d’abord une carrière d’enseignant, comme professeur de tourisme dans un lycée niçois. Mais sa vie fut aussi profondément liée à une autre passion : le jazz. Dès les années 1960, il devient l’un des photographes les plus constants des grands festivals de la Côte d’Azur.
Il suit le Festival d’Antibes Juan-les-Pins, puis la Grande Parade du Jazz de Nice. Son regard se distingue par sa justesse et sa discrétion. Plutôt que de rechercher l’effet, Pierre Lapijover saisit la présence des artistes, leur intensité, leur naturel, et cette proximité particulière qui faisait alors le charme des grands rendez-vous jazz de la Riviera.
Le photographe de Cimiez
Dans les jardins de Cimiez, il observe autant qu’il photographie. Il fixe les grands noms du jazz international au travail, en scène, mais aussi dans des moments plus simples, parfois plus humains, où se révèlent la concentration, la fatigue, la joie ou la liberté. Dizzy Gillespie, Lionel Hampton, Stéphane Grappelli, Art Blakey, Count Basie, Miles Davis et tant d’autres passent ainsi devant son objectif.
Ce qui demeure aujourd’hui dans ses photographies, c’est la vibration d’une époque. Le jazz y apparaît comme une aventure collective, vécue au plus près des artistes et du public. En cela, Pierre Lapijover n’a pas seulement photographié des concerts : il a conservé la mémoire sensible d’un monde musical et culturel qui a profondément marqué Nice.
Jazz à Nice – Photo-Parade, un livre devenu référence
En 1980, Pierre Lapijover publie Jazz à Nice – Photo-Parade, un ouvrage aujourd’hui rare, qui rassemble plus d’une centaine de portraits de musiciens accompagnés de leurs autographes. Ce livre, à la fois album de rencontres et document patrimonial, constitue l’un des témoignages les plus précieux sur la Grande Parade du Jazz et sur la place de Nice dans l’histoire européenne du jazz.
Cette publication a contribué à faire de son travail bien plus qu’un simple corpus photographique. Elle a inscrit son nom parmi les passeurs de mémoire du jazz azuréen. L’ouvrage figure désormais parmi les références citées dans la bibliographie historique de la Ville de Nice consacrée au jazz.
Un passeur de mémoire
Après sa retraite de l’enseignement, Pierre Lapijover poursuit son engagement pour la culture et la mémoire locale. Il collabore notamment au journal La Strada et participe à l’ouvrage Jazzin’ Riviera, consacré à l’histoire du jazz sur la Côte d’Azur. Chez lui, photographier, écrire et transmettre relèvent d’un même mouvement : garder la trace de ce qui mérite de durer.
Disparu en janvier 2011, Pierre Lapijover laisse une œuvre précieuse. Ses images constituent aujourd’hui une archive majeure pour comprendre ce que fut le jazz à Nice et sur la Côte d’Azur. Elles rappellent qu’au-delà des affiches et des légendes, l’histoire de cette musique se construit aussi grâce à ceux qui ont su la regarder.
En quelques mots
Photographe, enseignant, chroniqueur et passeur de mémoire, Pierre Lapijover a consacré une grande partie de sa vie à documenter les grands festivals de jazz de la Côte d’Azur. Son travail demeure une source essentielle pour l’histoire culturelle niçoise.